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Message  delcau roinos le Ven 10 Juin 2011, 02:35

définition:
rondeau, n.m., forme musicale à refrain. Apparu au XIIIe siècle (Adam de la Halle), il fut aux XIVe et XVe siècles l'une des trois formes poétiques (avec la ballade et le virelai) utilisées pour les chansons. Le texte du poème (refrain et couplets bipartites) était ainsi distribué : ab-ca-de-ab. La musique comportait deux parties, réparties ainsi sur le texte : AB-AA-AB-AB. Guillaume de Machaut (XIVe siècle) développa le rondeau qui, au XVe siècle, l'emporta sur les autres formes. À partir du XVIIIe siècle, le « rondo » devint une forme instrumentale (A-B-A-C-A), utilisée pour les finales de sonates, quatuors, symphonies et concertos.

Origines:
Le rondeau est né de la chanson. Il est lié au début à la musique et à la danse: jusqu'à la fin du XVe siècle, il sera d'ailleurs considéré comme la forme musicale par excellence. Donc, à l'origine, l'aspect oral importe: rimes et refrain. Il figure à l'intérieur de romans dès le XIIIe siècle, dans les endroits où le texte évoque des fêtes et des danses.
- Le rondeau n'a pas vraiment eu d'influence sur d'autres genres littéraires. Des poètes comme Alfred de Musset et Théodore de Banville ont perpétué cette forme, mais d'une manière un peu artificielle.

Le rondeau, ou rondeau nouveau, établi par étapes successives à la fin du XV° siècle, eut deux époques particulièrement brillantes: la première moitié du XVI° siècle et la première moitié du XVII°; mais il n'a jamais cessé complètement d'être cultivé.
C'est un poème de treize vers sur deux rimes, trois strophes en octosyllabes ou en décasyllabes de 5, 3, 5 avec une pause au cinquième et une au huitième, et dont le ou les premiers mots se répètent après le huitième vers et après le treizième, sans être eux-mêmes des vers.
Musset en rima quelques-uns. Les plus célèbres sont ceux de Clément Marot, de Benserade et de Voiture.
Sa structure repose, comme la ballade, sur le refrain.
Sa forme se transforme au fil des siècles.
Au Moyen Âge, Adam de la Halle et Guillaume de Machaut fixent la forme du rondeau pour la première fois: il s'agit du rondeau simple (qui deviendra le triolet au XVIe siècle), qui se compose de 7 ou 8 vers construits sur deux rimes; le refrain, constitué de deux vers, apparaît au début et à la fin, et le quatrième vers reprend le premier.
Cette forme évolue en s'allongeant: le refrain passe à trois vers (rondeau tercet), à quatre vers (rondeau double), et à cinq vers (rondeau cinquain). À partir du XVe siècle, le rondeau prend une nouvelle forme, qui sera beaucoup utilisée dans les deux siècles suivants: le refrain (ou rentrement) se compose désormais du premier hémistiche du vers 1 qui revient à la fin de la deuxième et de la troisième strophe (ou couplet); les rimes, toujours au nombre de deux, se répartissent sur 12 ou 15 vers.
C'est Clément Marot qui a mis cette forme à l'honneur.
La longueur des vers est variable; leur répartition strophique est toujours la même: dans le cas du rondeau à 15 vers, les strophes sont composées dans l'ordre de 5, 4 et 6 vers; le dernier vers des deuxième et troisième strophes est plus court (c'est le refrain).
Le refrain joue un rôle primordial dans le rondeau, surtout à partir du moment où celui-ci acquiert une parfaite autonomie en se détachant de la musique.
En effet, l'originalité et la subtilité de ce genre lyrique tiennent en grande partie aux variations de sens que le poète opère sur le groupe de mots qui revient à plusieurs reprises dans le poème: il s'agit du procédé de l'antanaclase.
Ce procédé permet des jeux d'opposition qui rompent la monotonie du refrain et créent des effets de surprise. Ainsi le rondeau possède un caractère ludique très marqué.
En plus du refrain, le travail sur le rythme et les sonorités est aussi très important: tout doit concourir à produire un objet qui soit à la fois beau et ingénieux.
Car le rondeau est avant tout un divertissement: le poète qui pratique ce genre littéraire cherche à plaire, à amuser, à distraire.
Il est toujours lié à une pratique sociale: au Moyen Âge, on écrit des rondeaux dans le cadre de concours de poésie organisés par les puys, où amateurs et professionnels rivalisent d'ingéniosité; au début du XVIe siècle et au milieu du XVIIe (les poètes précieux ont ressuscité le genre, qui avait été rejeté par la Pléiade), le rondeau est un genre mondain et raffiné qui fait partie du jeu amoureux tel que le conçoit la noblesse de l'époque.
Les thèmes du rondeau sont presque toujours liés à l'amour, à la célébration de ses joies, à l'évocation de ses peines.
Nous en citerons un de Voiture :

Ma foi, c'est fait de moi, cas Isabeau
M'a conjuré de lui faire un rondeau.
Cela me met en une peine extrême.
Quoi! treize vers huit en eau, cinq en ème
Je lui ferais aussi tôt un bateau.
En voilà cinq pourtant en un monceau.
Faisons-en huit en invoquant Brodeau,
Et puis mettons, par quelque stratagème :
Ma foi, c'est fait,
Si je pouvais encor de mon cerveau
Tirer cinq vers, l'ouvrage serait beau;
Mais, cependant, je suis dedans l'onzième.
Et ci je crois que je fais le douzième :
En voilà treize ajustés au niveau.
Ma foi, c'est fait.
Le rondeau redoublé se construit sur deux rimes et se compose de six quatrains à rimes croisées, commençant alternativement par la rime féminine et par la rime masculine.
Les vers du premier quatrain forment successivement le quatrième vers des quatrains no 1, 2, 3, 4 et 5.
Le sixième quatrain se complète par un refrain formé des premiers mots du rondeau.
On en cite de Marot, de La Fontaine, de Benserade, du P. Mourgues, de Th. de Banville.
En voici un du P. Mourgues :

Si l'on en trouve, on n'en trouvera guère
De ces rondeaux qu'on nomme redoublés,
Beaux et tournés d'une fine manière
Si qu'à bon droit la plupart sont sifflés.
A six quatrains les vers en sont réglés
Sur double rime et d'espèce contraire.
Rimes où soient douze mots accouplés,
Si l'on en trouve, on n'en trouvera guère.
Doit au surplus fermer son quaternaire
Chacun de vous au premier assemblés,
Pour varier toujours l'intercalaire
De ces rondeaux qu'on nomme redoublés.
Puis par un tour, tour des plus endiablés,
Vont à pieds joints, sautant la pièce entière
Les premiers mots qu'au bout vous enfilez,
Beaux et tournés d'une fine manière.
Dame Paresse, à parler sans mystère,
Tient nos rimeurs de sa cape affublés :
Tout ce qui gêne est sûr de leur déplaire,
Si qu'à bon droit la plupart sont sifflés.
Ceux qui de gloire étaient jadis comblés,
Par beau labeur en gagnaient le salaire :
Ces forts esprits, aujourd'hui cherchez-les;
Signe de croix on aura lieu de faire
Si l'on en trouve.
Auteurs et oeuvres.
Guillaume de Machaut(v.1300-v.1377).
Eustache Deschamps (v.1346-v.1406), Poésies.
Charles d'Orléans (1391-1465), Ballades et rondeaux.
Clément Marot (1496-1544), l'Adolescence clémentine.
Vincent Voiture (1597-1648), Poésies.
Saint-Amant (v.1594-1661).

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